Un peu d’histoire
Petite histoire de la paroisse réformée de Maubeuge
Il ne semble pas qu’il ait eu de groupe protestant à Maubeuge et dans les environs dans les premiers temps de la Réforme. Quelques personnes isolées paraissent avoir adhéré à la nouvelle foi et plusieurs l’ont payée de leurs vies ou d’emprisonnement.
Il faut signaler qu’une communauté protestante existe depuis la Réforme à une vingtaine de kilomètres de Maubeuge, en Belgique, à Dour.
Les premiers groupes sont signalés dans les années 1840, Malgré quelques contacts avec des pasteurs, rien de solide ne se passe.
En 1857 une salle est louée, mais le 18 août 1858 le sous-préfet fait évacuer la salle, le pasteur et trois laïcs sont arrêtés et emprisonnés durant quatre jours pour avoir protesté. Les journaux s’emparent de l’affaire. Le culte est interdit durant deux ans.
L’Eglise de Le Cateau est créée officiellement début des années 1860. Le pasteur Grey demande l’autorisation pour un culte à Maubeuge, elle lui est accordée en 1862.
Une école protestante est ouverte à Montplaisir. Des réunions de prières et d’études bibliques sont créées. La communauté qui s’agrandit dépend toujours de celle de Le Cateau, elle est très disséminée. Des évangélistes la visite plus ou moins régulièrement. Petite précision, les évangélistes cités ici sont des laïcs qui assistent les communautés sans pasteur.
En 1864, une Union Chrétienne de Jeunes Gens est formée, elle dure peu de temps.
En 1866, un évangéliste M. Brouillard est en place, il restera deux ans avant de partir s’occuper de l’asile (orphelinat) de Lemé.
La Société Chrétienne du Nord qui soutient la communauté ne peut construire de bâtiment de culte faute d’argent. Un nouveau local est loué. On commence à « relever » des buveurs.
La guerre de 1870 arrive et les difficultés financières aussi, on parle de supprimer le poste d’évangéliste. Des problèmes avec d’autres branches du protestantisme apparaissent, l’Église se divise,
Des problèmes ont lieu durant certains enterrements surtout au sujet de l’emplacement des tombes.
Le temple est construit en 1877, quai Berteau à coté de la caserne de l’Arsenal. Il servira près de cent ans.
Fin des années 1880, la paroisse est séparée de celle de Le Cateau.
Plusieurs pasteurs se succèdent. Le nombre de fidèles augmente lentement. C’est alors qu’on pense agrandir le lieu de culte, mais finalement un bâtiment est acheté à Sous-le-Bois en 1907, « La Fraternité », qui sera réservé aux œuvres sociales.
Si les sapins de Noël sont devenus choses courantes aujourd’hui, il n’en était pas de même avant 1914. Le temple était l’un des rares endroits de Maubeuge où l’on pouvait en voir. Aussi de nombreuses personnes venaient le voir, au point que les membres de la paroisse recevaient des billets d’entrée pour pouvoir pénétrer dans le temple le jour de Noël tellement il y avait de monde.
En 1912, un congrès de la Croix Bleue, ligue anti-alcoolique, est organisé avec un défilé en ville. En 1914, la construction du presbytère commence mais elle est bientôt interrompue à cause de la guerre.
En 1914, les pasteurs sont mobilisés comme aumôniers et c’est le pasteur de Valenciennes, un Hollandais, le pasteur Hermann, qui s’occupe de la paroisse.
En septembre 1914, des combats entre les armées françaises et allemandes ont lieu autour de Maubeuge.
Dans l’un des régiments allemands se trouve le Prince de Saxe, neveu de l’empereur Guillaume IV, grièvement blessé. Il décède quelques heures plus tard.
Entre le moment de sa blessure et celui de sa mort, Maubeuge capitule le 7 septembre 1914. Pour les funérailles du Prince, il n’y avait pas d’aumônier allemand protestant disponible dans les environs, ni de pasteur français. C’est finalement un étudiant en théologie, le futur pasteur Robert Ferret qui a présidé le service funèbre. Le corps a été inhumé provisoirement au cimetière militaire d’Assevent. Depuis, dans ce cimetière une pierre indique l’endroit où le prince fut inhumé avant que le corps ne soit transféré en Allemagne.
Durant les deux guerres mondiales, le temple est utilisé par l’armée allemande pour ses offices. Les fidèles maubeugeois doivent attendre pour célébrer leur culte.
L’entre-deux-guerres connaît une activité importante tant au temple qu’à La Fraternité : Union Chrétienne des Jeunes Gens, Union Chrétienne des Jeunes Filles, éclaireurs, cercle d’hommes, réunion des mères, Croix Bleue, etc…
Dans les années 1930, une habitation est achetée à Solrinnes pour servir de maison des jeunes.
Durant la seconde guerre mondiale, plusieurs paroissiens font partie de réseaux de résistance. Certains le paieront de leur vie. A la Libération, le pasteur Lasserre, lui-même membre d’un réseau, accepte de servir d’avocat de la défense à un procès de collaborateurs.
La reprise se fait lentement tant au point de vue paroissial, social qu’économique. Les dégâts causés au temple sont réparés. En 1958, un chalet est bâti à coté du temple pour loger un concierge.
Les années 1970 voient la cessation de nombreuses activités, la multiplication d’associations laïques et la diminution du nombre de fidèles.
Les bâtiments de La Fraternité sont démolis début des années 1970. Elle sera reconstruite puis sera cédée à des associations laïques courant des années 1990.
L’ancien temple est détruit en 1987. Il est remplacé par un nouveau situé dans un ensemble immobilier situé au même endroit.
Plusieurs pasteurs se succèdent durant ces dernières décennies mais ils restent peu de temps. Depuis, les paroissiens assurent la majorité des cultes et actes pastoraux avec l’aide des pasteurs des paroisses environnantes.